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La belle histoire d’amour de Pierre de Provence et de la belle Maguelonne, fille du roi de Naples.
Un jour le roi de Provence rendit visite au roi de
Naples pour de mystérieuses négociations. C’était au temps où les nobles
seigneurs caracolaient sans escorte sur leurs chevaux à travers les champs, les bois et les villages. Ils faisaient halte aux auberges pour
se restaurer, passer la nuit et laisser reposer leurs chevaux épuisés.
Les distances étaient longues et grande la chaleur des étés. Pierre, le plus jeune, le plus beau, le plus fier
et le plus rêveur des fils du roi de Provence accompagnait son père. Ses
cheveux étaient aussi blonds que les blés des champs et ses yeux plus
brillants que les étoiles du ciel. Les filles des villages où Pierre et
son père faisaient halte le regardaient en soupirant et longtemps encore
après son passage, il hantait leurs rêveries.
Le jeune prince ne pensait pas à l’amour, mais à l’aventure. Son rêve était de partir à l’assaut des maures et de revenir
en héros rompu à la guerre et tout auréolé de la gloire de ses conquêtes. Le ciel lui réservait un autre destin.
Le roi de Naples reçut le roi de Provence avec le faste de
coutume, mais chacun d’eux restait sur ses gardes car ils avaient à régler de lourds problèmes du passé. Pierre ignorait leurs secrets et l’histoire de leur discorde. Son regard
qui n’était pas attentif encore aux charmes des femmes ne put ignorer
ceux de Maguelonne, la très jeune et très rieuse fille du roi de Naples. Sa bouche rouge
comme une cerise ne cessa de sourire de plaisir et de surprise quand elle eût remarqué la beauté de Pierre. Ses
cheveux étaient aussi noirs que ceux de Pierre étaient blonds et sa peau, aussi
blanche et lumineuse que celle du jeune homme était dorée par le soleil.
Quand leurs pères furent en commerce, ils se
retrouvèrent aussi naturellement que deux pigeons en amour pour faire
plus intime connaissance. L’accord de leurs deux cœurs, de leurs
caresses et de leurs mots d’amour fut si parfait qu’ils ne pouvaient se
décider à se quitter et que l’idée de ne plus jamais se voir leur était
déjà souffrance infinie.
- Ma mie Maguelonne, toujours voudrais garder ta main si blanche et si
menue dans la mienne, et je vais de ce pas prier ton père de me la
donner.
- Pierre, mon bel ami, ni autre amans, ni autre époux que toi jamais
n’aurai.
Leur fougue n’avait d’égale que leur innocence. Ensemble, ils allèrent en courant à la rencontre de leurs pères. Les
deux rois sortaient de leur entretien, le visage sombre et fermé,
mauvais présage pour les amoureux. Pierre n’eut pas le temps de parler,
déjà son père lui disait d’aller seller leurs chevaux. Le roi de
Naples leur enjoignit de ne plus jamais revenir dans son royaume et il
foudroya Maguelonne d’un regard sévère et plein de soupçon car il la
voyait en compagnie du fils d’un homme qu’il avait commencé à haïr.
Qu’allaient devenir les jeunes amants?
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