Philagora Espace Decouverte

PHILAGORA Decouvertes, tourisme culturel, loisirs, enfants

° TOURISME Vacances, mer, soleil, montagne, campagne

° ART - Expositions, Musées, Artistes

° Contes pour enfants

° Espace Jean Joubert Écrivain et poète, prix Renaudot

° A la découverte des langues régionales: Occitan Gascon Catalan

° Je cherche un EMPLOI

° Découvrez les 17 villages de l'Archipel des métiers d'art en Languedoc-Roussillon

_________________________________

° Art de vivre et gastronomie

° ABOUT the World articles en anglais

_________________________________

° Recommandez philagora à vos amis

° Philagora tous droits réservés

° Respect de la vie privée

_________________________________

° Contact

° Publicité

 

° Rubrique contes pour enfants

Bienvenue les enfants - Copyright

"Au bord  du fleuve Congo"

 

= Pour écouter la musique, clic ici: musique.mid 

__________ ~~~~~~~~__________

Congo, qui coule au milieu de l'Afrique, juste en face de la grande île M'Bamou, où viennent dormir les perroquets, il y avait un village de pêcheurs. C'est là qu'habitait bébé Casimir dans une jolie case de terre et de branchages, que Maman Maria balayait soigneusement chaque matin, pour chasser les araignées et toutes les vilaines bêtes qui piquent. 
Quand elle travaillait la terre, pour faire pousser les tomates et les pommes de terre,  quand elle préparait le manioc, en le raclant sur une planche pour en faire une belle pâte bien blanche, quand elle lavait le linge au marigot et qu'elle l'étendait sur les branches basses du manguier, elle posait son petit à côté d'elle et elle chantait tout doucement pour l'endormir:  

"mwana kitoko, m'boté Casimir mwana, mama tamboula, tamboula mama Maria" (ce qui veut dire en Lingala: joli bébé bonjour, bébé Casimir la maman travaille elle travaille mama Maria)

Quand elle allait vendre au marché de Poto-Poto ses citrons qui ressemblaient à de grosses billes vertes et ses papayes rafraîchissantes, elle l'installait solidement dans un boubou multicolore assorti à son pagne et elle l'emmenait avec elle. C'était beau de la voir s'avancer, bien droite, une grosse calebasse posée en équilibre sur sa tête, et dans son dos, son bout de chou dont la tête brune se balançait au rythme de la marche. 

  Mama Maria l'emportait partout,  elle savait que la brousse est dangereuse pour les jolis petits garçons dodus.

   Quand Casimir a eu trois ans, il a appris à compter: "mossi, zolé, tatou, iya, pata..."  (1, 2, 3, 4, 5...) il a bien fallu aussi le laisser aller tout seul, comme ses camarades, qui eux, avaient lâché depuis longtemps le pagne de leur maman.
"Tu peux jouer dans le village et jusqu'à la lisière du bois, mais jamais au bord du marigot ni le long du fleuve. C'est là que le caïman guette les petits enfants désobéissants. Tu me promets d'être sage et de ne jamais aller là-bas?

Casimir a promis tout ce qu'on voulait, maman est allée cueillir des bananes derrière la maison, et il est resté sagement à l'ombre du fromager (c'est un très grand arbre qui ressemble au baobab mais en bien plus beau), pour confectionner une pirogue comme celle de papa avec des bouts d'écorces...

Juste une minute,   pour voir si elle flotte bien! Casimir fera tellement vite que maman n'aura pas le temps de s'inquiéter, ni le caïman d'ouvrir sa vilaine bouche.  D'ailleurs, rien à craindre, sauf la fessée de maman si elle apprend quelque chose....

Petit Casimir approche de l'eau sans bruit, il se penche vers une flaque pour y poser.... miséricorde! En un éclair le tronc d'arbre a ouvert son immense bouche pleine de dents pointues, "clac!" il a attrapé la jambe comme dans une tenaille et il tire, il tire l'enfant vers l'eau profonde où il va le noyer: "Maman, maman!"... Le caïman tire tire, mais le petit s'est agrippé à une racine et il résiste de toutes ses forces, ses menottes sont tout écorchées, il va lâcher... "Maman, maman!"

  Dès qu'elle a entendu le cri, elle a compris, elle jette son panier et elle file jusqu'au fleuve, plus rapide qu'une sagaie. Elle attrape sous les bras le petit qui déjà glisse vers l'eau, et elle tire, elle tire, pour résister au caïman qui ne veut pas laisser partir son déjeuner. Courage Mama Maria! Il faut sauver l'enfant! Ses deux pieds enfoncés dans la terre humide, elle s'enracine pour tenir bon, et elle tire, elle tire de toutes ses forces. De toutes ses forces aussi, tire le caïman vorace....

Tout d'un coup la méchante bête laisse échapper Casimir et "plouf" fait un grand plongeon dans l'eau. Alors "Boum" la maman tombe à la renverse avec son garçon dans les bras! Elle rit, elle pleure, elle l'embrasse, elle l'étouffe et elle crie: "Vilain m'poutou!  (m'poutou, c'est le diable!) c'est comme ça qu'on écoute maman? Tu vas voir ce que fera papa!"
 Quelqu'un pleure tout près? il n'y a personne et pourtant on entend de gros sanglots!... 

Mais oui! C'est le caïman qui gémit en versant de grosses larmes de crocodile: "Qu'est-ce que je vais devenir? Mes dents sont trop vieilles pour attraper seulement un petit garçon de rien du tout, et je vais mourir de faim!"

Mama Maria est si contente d'avoir retrouvé son Casimir qu'elle a oublié sa peur et sa colère:

"Pauvre vieux ne t'inquiète pas! c'est moi qui te donnerai à manger, tu auras les petits poissons que papa Lucien rapporte du fleuve et même quelquefois, des morceaux de capitaine (c'est le plus beau poisson qu'on puisse pêcher), à la condition que tu ne cherches plus à nous manger, ni toi ni tes frères."

Le vieux caïman a tenu parole, il n'a plus attaqué personne et aucun caïman n'a plus jamais fait de mal aux gens du village.

_________________________________

=> Découvrez La popote de Sophie (lien ouverture nouvelle fenêtre)

Texte de Jacqueline Masson Philagora tous droits réservés. ©

 ° Rubrique contes pour enfants