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Bienvenue
les
enfants
Joëlle
Llapasset | Copyright
PONPON,
une vache
fabuleuse !

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écouter la musique, clic ici:
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Il
y avait autrefois sur les hauts plateaux de la Franche-Comté à la lisière
des sapins un petit village qui s'appelait Fraimbois. Les gens y étaient
simples et sans malice, ils vivaient du travail du bois et du lait de leurs
vaches. L'hiver on gardait les bêtes au chaud dans l'étable, où elles mâchonnaient
tranquillement le foin de leur mangeoire en attendant le retour du
printemps.
 
Dès que venaient les beaux jours, on
les rassemblait sur la place au son d'une grande trompe de corne ....
"Hom,
hom, hom..." et
de toutes les maisons, elles arrivaient dans un concert de sonnailles.
Les enfants, trois
par trois à tour de rôle, les emmenaient pour la journée, brouter l'herbe
fraîche de la montagne. Le
soir, au retour, c'était la traite.
On
recueillait le bon lait crémeux dans de grands seaux de sapin, pour en
faire ce délicieux fromage à la croûte épaisse appelé du "fromage
de boîte".

La meilleure laitière
du village, c'était «La Pompon à Rémi».
Il était très fier de sa vache, Rémi, et il
en prenait grand soin. Parfois
quand le vent venu de la pâture lui apportait le son des clarines, il arrêtait
son ouvrage pour mieux tendre l'oreille et il disait avec un large sourire
"Je reconnais la cloche de ma Pompon!
L'entends-tu?
C'est la plus brave du troupeau, la plus belle!"
Quand la grande sécheresse
est venue frapper le pays, les hauts plateaux ont d'abord été épargnés.
Les gens de Fraimbois se trouvaient tranquilles à la fraîcheur de leurs
forêts et ils plaignaient beaucoup ceux d'en bas. Pourtant, chez eux aussi,
l'eau des ruisseaux a fini par s'arrêter de couler. L'herbe des prés est
devenue rêche et râpeuse comme de l'éponge à casserole, les vaches se
sont mises à dépérir et à mourir l'une après l'autre.
Une seule vivait
encore, c'était «La Pompon à Rémi». Il
allait la voir dans l'étable où elle était couchée sans manger ni boire,
et si faible qu'elle pouvait à peine soulever ses paupières pour le
regarder de ses grands yeux tendres pendant qu'il lui disait "Allons ma
Pompon, allons ma belle, faut tenir le
coup!". Elle tenait, la pauvre. Une semaine, deux semaines après
toutes les autres, elle était encore là, mais pour combien de temps?
Un
matin, vers les 5 heures, les gens de Fraimbois ont été réveillés par un
tout petit bruit, un bruit si léger qu'ils n'osaient pas en croire leurs
oreilles... Et pourtant oui! c'était bien ça! c'était la pluie!
Bientôt, la voilà qui tambourine sur les toits, qui dégringole sur les
sapins, qui se déverse sur les pâtures, qui galope dans le lit des
torrents, et en quelques heures, tout redevient vert comme si une bonne fée
avait frappé la terre de sa baguette.

La Pompon
était sauvée! Elle qui s'était si bien habituée à ne plus ni boire ni
manger, la voilà qui avale tant et tant d'eau, qui dévore tant et tant de
brassées d'herbe que ça n'en finit pas; On dirait qu'elle a mis dans sa tête
de se rattraper en un jour de toutes ces semaines de soif et de faim.
Rémi et tous
ceux du village la regardent manger en ouvrant de grands yeux. Ils sont un
peu déçus, ils avaient tous fini pas croire que la bête vivait de l'air
du temps, qu'elle était un peu magique, en somme.
Et au fond, ils n'avaient pas tout à fait tort parce que, pour ne pas
crever d'indigestion après avoir tant mangé et tant bu, il fallait être
une vache fabuleuse!
Texte de Jacqueline
Masson ©
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Joëlle
Llapasset
° Rubrique
contes pour enfants
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