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° Rubrique art
Découvrez
L'arlequin,
à la mort, à la vie,
sur
une peinture de
Philippe Orséro
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Moi,
je ne suis plus que ce visage, ce regard, cette souffrance
sur
le point de se noyer dans son reflet, dans les couleurs: ce
vert qui témoigne de soi comme mon regard témoigne de lui
même dans le lointain de ce qui lui est propre.
Alors,
qui éprouvera jamais ce que j'éprouve de désespoir et de
rage, moi qui refuse cette pétrification que vous m'avez
imposée comme si je n'étais plus qu'une chose?
Et
c'est parce que Geneviève vient de me crier de ne plus rien
ajouter, que je ne me noierai pas mais que je vais rebondir
par cette voie chérie et par cette espérance qui n'est
jamais déçue parce qu'elle habite le présent.
Mais
quelle surprise et quelle épiphanie que d'avoir peint un
arlequin et de contempler la souffrance transfigurée en joie
de peindre!
Et je découvre sur la toile l'ascension vers la lumière, une
révélation de la vie comme présence à soi.
_______________
Le
principe de dualité.
Se
dire fou, c’est ne plus l’être, c’est projeter dans
l’espace, au foyer de sa lorgnette l’impatience qui
voudrait détruire et construire dans le même mouvement. Et
l’œuvre trouve sa vie de souffrance dans la contradiction
d’un engagement, d’un message à transmettre si l’on
préfère, avec une fissure première qui par avance biffe
tout ce que l’artiste s’efforcera de transmettre.
Orséro
se questionne avec derrière son dos un
événement dont il ne retient que ce qu’il a vécu dans
l’incompréhension d’un monde qui éclatait. Il voudrait
bien que ce questionnement questionne ceux qui rencontrent
l’œuvre et que son inquiétude les gagne, les engage dans
la quête d’un soi, le rêve d’un moi profond ouvert, là
où saigne un moi éclaté en une rageuse dualité, entre la
nostalgie d’une mère
qui enseigne en montrant le devoir et l’espérance
d’une femme déesse.
L’espérance
ce n’est pas une femme, l’amateur en
verra deux sur cette toile, c’est la femme
comme principe de dualité, comme dédoublement de ce qui ne
se détache pourtant jamais complètement. Est-ce en lui ou
hors de lui, l'artiste s’interroge. Reste que dans cette
ex-position il manifeste à ses contemporains le secret qui le
fait languir : photographies, vidéos, images de
synthèse dansent un sarabande autour de la grande toile
initiatique qu’ils redoublent.
Albatros,
Goéland, Fou ou plus prosaïquement pélican qui sacrifie
souvent son œuvre aux contingences familiales, Orsero cherche
à dire l’invisible dans une tentative insensée puisque
l’art n’est pas un langage. Mais dans les interstices de
son œuvre, comme dans une explosion, malgré la rage
destructrice, l’étoile de la beauté sourd; malgré le
puzzle qui l’enserre, qui l’envoûte et nie sa liberté,
l’amateur se prend à rêver ; dans une brusque
échappée il retrouve sa liberté et voit l’invisible.
Joseph
Llapasset
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Le site du peintre: http://www.orsero.com
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