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L'approche
de l'automne, c'est la promesse d'autres récoltes
-L'approche de l'automne, c'est
la promesse d'autres récoltes, et d'abord celle des
vendanges. Dans " Seteme " ( H. e F., p. 16
), Daugé fait référence à la préparation des
barriques :
Lou barriquè s'enten
Truca en sus las doèles
Ent'ou bignè counten
Dinc au houns de las moèles.
Dans " Basse " (F. L., p. 163 ), la vendange
est abondante , et le ciel pris à témoin :
Cèu benedit !
Un pè de bit
Engoan que plegne
Lou gran nauquet:
Noum d'un brouquet,
La bère bregne !
Et d'énumérer tout ce qu'apporte l'automne :
Qu'am lous milhots ;
Qu'am esquilhots
Mesples, castagnes (...)
E benarrits,/ Paloumes, guits
Ent'ous cassayres.
Et l'année s'achève sur l'image du bouvier parti
semer de nouveau le blé :
Dab lous boèus atalats au bros
Lou boè qu'é partit aban l'aube.
Lou jour qu'é brac(...)
Dinc'à soucouc que ba semia
Lou roumen nau , pan de l'annade (...).
Ainsi se passe les choses quand le cours des saisons
se déroule sans accidents. La nature apporte à
chaque moment propice ce dont la terre et les cultures
ont besoin. Mais parfois, l'imprévu arrive et peut
provoquer des catastrophes.
La nature ne peut vivre que si un équilibre s'établit
entre l'action des éléments. C'est ce que montre la
fable " La plouje e lou sou " (F. L., p.168)
où la pluie reproche au soleil que son ardeur souvent
épuise tout dans les champs et les bois. A quoi le
soleil a beau jeu de rétorquer que, passé un certain
seuil, la pluie gâte les récoltes. Daugé tire la
morale en élargissant la leçon :
S'abets à ha nade tesure,
Pensats à la plouje e au sou
Qu'avem un trop, qu'avem un prou.
Si on évoque les dangers que la nature fait courir
aux récoltes, ceux-ci sont nombreux et consistent
souvent en une chose utile par ailleurs mais mal venue
à un certain moment. Ainsi, si le blé, l'hiver, aime
la neige, en revanche trop de pluie lui est néfaste:
Dou
trop ploujous iber la tigne
Balhe pas sounque pouyriguè :
Ne blat au cam, ne bin ne bigne (
…) (" L'iber de 1919 " H. e F., p.48).
En revanche dans la sécheresse de l'été, une pluie
soudaine fait revivre la nature :
Blat
e caulet
Tout que joenege :
(…) L'er que-s hè dous
Tout s'arrebite. ("
Sét d'estiu " H. e F., p.135).
Cette pluie bénéfique, Daugé l'appelle aussi Plouje
gayhasent (" Lou crum " H. e F., p. 152).
Mais ce peut être aussi la grêle qui accompagne la
calourasse ou la gouherasse qui précipite l'orage d'été
(" Lou pericle " F. L., p.106). Alors en une
heure, l'averse de grêle echiffre e boute à liacs
lou trabalh d'ue anade. (" Lou crum " H. e
F., p.152).
" L'aygat " (H e F p.84) évoque la longue
pluie de printemps qui se transforme en inondation:
L'aygue,
heyte arriu,
Cam e camin e prat que troulhe.
(…) ,
amenant désolation et pleurs :
Cam
desterrat, eyre escarnade,
Hangue e plous à l'oustau.
A l'opposé, les rayons chauds du soleil apparaissent
comme porteur de vie :
La
flou que dit tout choau : " Lou sou m'a heyte bère
! "
Lou blat : " A jou lou sou que-m ayde à madura
".
La cante dou hen sec que flayre à l'arribère.
(" Crouts d'aunou " H. e F., p.131).
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