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° Rubrique Occitan Gascon Catalan > Le paysan de gascogne

 
J'aime le "parla gascoun"  
Joëlle Llapasset   | Copyright 

Le paysan de Gascogne dans la poésie de Césaire Daugé.
Une approche du pays gascon 

Le père et ses enfants  

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Le père et ses enfants 
 
-Le père et ses enfants sont heureux de se retrouver.
Les enfants sont considérés comme une bénédiction et une richesse pour le foyer, ce qu'exprime leur comparaison avec le blé au champ : 

Coum blat au cam, aqui, que j'abè rays e sos.
Bertat lou bielh paygran qu'ère praube de sos,
Més qu'ère riche de maynadjes.
(" Lou Larè " op cit).

L'affection du bouvier pour ses enfants s'explique aussi par le fait qu'ils pourront l'aider une fois grands, assurant la continuité de l'exploitation de la terre familiale. Le bouvier, étendu à midi à l'ombre d'un chêne

Que pense aus maynadjots : l'aynat que s'ou beyt gran ;
Enta megna lous boèus cauque jour l'ayderan.
Pramou d'éts ne cragn pas ne lou sou, ne la trempe.
( " Peysan " ).

La pensée de ses enfants est pour le bouvier un encouragement dans son travail. Son affection pour eux s'exprime notamment en prenant l'air avec eux le soir sur le seuil : 
Se-n ba dab lous maynats prene l'er s'ou soula. 

Cette atmosphère de bonheur et de complicité du foyer familial, Daugé l'évoque dans le souvenir de sa propre enfance de fils de paysan ( ainsi qu'il se présente dans " Au qui-m lejera ", au début de Hoelhes e Flous :Hilh e arrehilh de peysans, qu'èy lhèu heyt bers peysans ) :

Que-m tourni bese aqui tant per tant dret, maynadje !
Lou pay que-m mesurabe au cap dou chaminau(...)
En roubi lous cabelhs à coude de padène
Lou papete assietat degrouabe milhocs
(...) .(" Au cournè dou hoec ", H. e F., p. 169).

C'est le foyer dans son ensemble, réunissant parents, enfants et grand-parents, voire aïeux, qui est un lieu où l'on se sent bien et où un lien d'affection réciproque unit les générations. Dans " Pensades d'estiu " (H. e F., p. 140), Daugé donne sa bénédiction au foyer (lou larè de nouste), lieu où se goûte le pain d'amitié : 

Labets qu'ès benasit, larè de nouste
Oun touts amasse e-s ban cauha.
Aqui, lou ta boun pan d'amistat que s'y gouste
En decha ret e ben per dehore bouha.


L'image du froid et du vent laissés à la porte donne du foyer l'idée d'un lieu de protection et d'entraide où tous affrontent la vie ensemble. La famille est le lieu de la continuité des générations, car le mode de vie traditionnel veut que le fils continue le travail et la vie du père :

Mème aret, mème téule, ans a, de pay en hilh,
Mème bros, mème cam hemat per un bras tilh,
Mème capèt, mème agulhade.
(" Lou Larè ", op cit).

Ce lien qui unit les membres de la famille est un thème présent dans les souvenirs du vieux paysan (" Lou bielhoun " F L p95 ), qui revoit sa vie passée assis près du pont d'Aire. Il se revoit enfant, puis soldat, de retour chez lui ( lou tinèu qu'a besouy d'ajude), il se marie (la hemne ère de las balentes), Sèt ou oeyt beroys anjoulets qui remplacent le père et la mère défunts, les filles grandissent, e que troubèn à-s marida, les fils, après les armées 

Lous uns damouran à la bile; 
D'auts se-n tournèn debat lou sou
Ha dab lou pay bite tranquile
Per l'arribère de l'Adou. 


Le temps passe. Quand il meurt : 

Enta ploura lou boun papete,
Hilhs e hilhos n'abèn qu'u bouts/(...) 
Que boutèn dessus la crouts:
-Assi la bite que clarèje.
La mourt n'ey pas qu'un soumelhoun
Au cèu oun arré ne bielhéje,
S'éy dechidat nouste bielhoun.

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