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Le
père et ses enfants
-Le père et ses enfants sont heureux de se retrouver.
Les enfants sont considérés comme une bénédiction
et une richesse pour le foyer, ce qu'exprime leur
comparaison avec le blé au champ :
Coum
blat au cam, aqui, que j'abè rays e sos.
Bertat lou bielh paygran qu'ère praube de sos,
Més qu'ère riche de maynadjes. ("
Lou Larè " op cit).
L'affection du bouvier pour ses enfants s'explique
aussi par le fait qu'ils pourront l'aider une fois
grands, assurant la continuité de l'exploitation de
la terre familiale. Le bouvier, étendu à midi à
l'ombre d'un chêne
Que
pense aus maynadjots : l'aynat que s'ou beyt gran ;
Enta megna lous boèus cauque jour l'ayderan.
Pramou d'éts ne cragn pas ne lou sou, ne la trempe. (
" Peysan " ).
La pensée de ses enfants est pour le bouvier un
encouragement dans son travail. Son affection pour eux
s'exprime notamment en prenant l'air avec eux le soir
sur le seuil :
Se-n ba dab lous maynats prene l'er s'ou soula.
Cette atmosphère de bonheur et de complicité du
foyer familial, Daugé l'évoque dans le souvenir de
sa propre enfance de fils de paysan ( ainsi qu'il se
présente dans " Au qui-m lejera ", au début
de Hoelhes e Flous :Hilh e arrehilh de peysans, qu'èy
lhèu heyt bers peysans ) :
Que-m
tourni bese aqui tant per tant dret, maynadje !
Lou pay que-m mesurabe au cap dou chaminau(...)
En roubi lous cabelhs à coude de padène
Lou papete assietat degrouabe milhocs (...)
.(" Au cournè dou hoec ", H. e F., p. 169).
C'est le foyer dans son ensemble, réunissant parents,
enfants et grand-parents, voire aïeux, qui est un
lieu où l'on se sent bien et où un lien d'affection
réciproque unit les générations. Dans "
Pensades d'estiu " (H. e F., p. 140), Daugé
donne sa bénédiction au foyer (lou larè de nouste),
lieu où se goûte le pain d'amitié :
Labets
qu'ès benasit, larè de nouste
Oun touts amasse e-s ban cauha.
Aqui, lou ta boun pan d'amistat que s'y gouste
En decha ret e ben per dehore bouha.
L'image du froid et du vent laissés à la porte donne
du foyer l'idée d'un lieu de protection et d'entraide
où tous affrontent la vie ensemble. La famille est le
lieu de la continuité des générations, car le mode
de vie traditionnel veut que le fils continue le
travail et la vie du père :
Mème
aret, mème téule, ans a, de pay en hilh,
Mème bros, mème cam hemat per un bras tilh,
Mème capèt, mème agulhade. ("
Lou Larè ", op cit).
Ce lien qui unit les membres de la famille est un thème
présent dans les souvenirs du vieux paysan ("
Lou bielhoun " F L p95 ), qui revoit sa vie passée
assis près du pont d'Aire. Il se revoit enfant, puis
soldat, de retour chez lui ( lou tinèu qu'a besouy d'ajude),
il se marie (la hemne ère de las balentes), Sèt ou
oeyt beroys anjoulets qui remplacent le père et la mère
défunts, les filles grandissent, e que troubèn à-s
marida, les fils, après les armées
Lous
uns damouran à la bile;
D'auts se-n tournèn debat lou sou
Ha dab lou pay bite tranquile
Per l'arribère de l'Adou.
Le temps passe. Quand il meurt :
Enta
ploura lou boun papete,
Hilhs e hilhos n'abèn qu'u bouts/(...)
Que boutèn dessus la crouts:
-Assi la bite que clarèje.
La mourt n'ey pas qu'un soumelhoun
Au cèu oun arré ne bielhéje,
S'éy dechidat nouste bielhoun.
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