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Et,
l'éducation des enfants ...
-Nous voyons que l'affection que
se portent les générations entre elles, toujours présente
au cours de la vie, s'adresse encore au défunt dans
le ciel.
Pour que cet esprit d'entraide et d'amitié se perpétue,
il est nécessaire que les enfants soient bien éduqués.
Cela d'autant plus que sitôt devenus grands, ils
doivent travailler pour que tous dans la famille
puissent manger :
Talèu
grans e croutsats trabalha que calè.
L'anade qu'ère lounque e qu'auré tournat lè
Hens la toupie escuragnouse.
(" Lou Larè ", op cit).
Daugé a consacré plusieurs des Fables Gascounes au
thème de l'éducation des enfants. Certaines montrent
comment des enfants trop gâtés ou bien laissés à
eux-mêmes ne peuvent pas aborder la vie avec un vue
juste des choses et un comportement adéquat. Dans
" La mamete e l'arrehilhe " (F. G., p.18),
nous voyons une fille unique, gâtée, coquette se
moquer de sa grand mère qui travaille encore malgré
son âge, et la commande comme si elle était sa
servante. A son père qui la reprend, elle répond :
Més
espiats-lé : n'é pas brigue à la mode.
Son père alors lui donne la leçon suivante :
Enta
tu, coum aus auts, que birera l'arrode
E qui sap coum seram nous autis coan sim bielhs !
Une fille coquette et qui ne veut pas travailler aura
du mal à se marier. La situation décrite est pire
encore dans " Lous mau ensegnats " ( F. G.,
p. 40): un paysan et sa femme, vaillants, ont deux
fils et une fille qui n'en font qu'à leur tête.
Leurs parents pensent que cela leur passera en
grandissant. Mais, devenus grands, ils refusent
d'aider leurs parents à l'ouvrage. Ceux-ci n'ont
autre chose à faire qu'à en tirer la leçon suivante
:
Que
cau torse lou bimi tan qu'é joen. " Lous dus
gouyats " ( F. G., p.76 ) montre comment deux
caractères différents peuvent donner deux résultats
contraires. De deux fils de bons paysans, du même âge,
camarades d'école, l'un, tôt dégourdi, apprend vite
le métier de son père et l'exerce avec zèle.
Le
second, malgré les remontrances de son ancien
camarade, veut avant tout profiter de la vie. Devenus
vieux l'un et l'autre, les situations respectives
s'inversent. Daugé donne deux morales de cette
histoire :
Pan
de bielhesse
Que-s moul en joenesse(...),
Qui ne trabalhe pas pourin
Que trabalhe roussin,
E coum es échuc lou boucin.
Malgré ces exceptions, les enfants sont les
continuateurs naturels de l'œuvre des parents.
La
famille du paysan est dans une sorte de symbiose entre
lui et les siens. Il y a une complémentarité dans
les tâches et les rôles entre le paysan et la daune.
Devenus vieux, ils ont revécu le destin de leurs
propres parents, comme leurs enfants revivent le leur.
Ainsi,
ils sont les héritiers des générations qui les ont
précédés et ils transmettent à leur tour ce qu'ils
ont reçu.
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