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Un
symbole de la vie traditionnelle du paysan, le foyer
-Un symbole de la vie
traditionnelle du paysan, c'est lou larè, le foyer,
qui est le coeur de la maison, comme le dit le titre
d'un poème : "Lou co de l'oustau" ( H. e
F., p. 76). Le larè rassemble la famille les soirs
d'hiver autour de sa lumière et de sa chaleur :
Que
boutes l'er d'aujou tout atramat
E qu'ou hès calouren coum la sang à la begne.
Et Daugé montre les membres de la famille occupés à
quelque travail au ras dou hoec dessoumen aclucats
(...) Escamuchan lou lin ou pluman lous aucats. Le
foyer est un lieu où il fait bon vivre ainsi que le
suggère le poète : Pramou lou hoec qu'é mieje bite.
Le foyer est le lieu où l'hiver, alors que à l'extérieur
il n'y a que peu à faire, tous sont réunis pour
effectuer certains travaux dont le plus significatif
est peut-être l'esperouquère, qui donne son titre à
un long poème (H. e F., p.5). Cette opération
consiste à espelouca ou espourga, comme l'écrit Daugé,
le maïs, à " dépouiller l'épi de maïs de sa
gangue, de ses feuilles " ( S. Palay). Cette opération
réunit à la famille du paysan les voisins :
Qu'em
enter besin
Mey qu'enter cousin.
Mais il se passe beaucoup d'autres choses pendant ces
soirées. Il est coutumier qu'un bielh espourgayre
counte loup-garous,histoires effrayantes dont les
enfants sont friands, d'autant plus que le conteur
affirme en avoir vu :
Que-n
a bis, se dit ét , mey de mieje doudzene
Courre hastiaus la patantene
Capbat la lane e lous arrous.
Qu'abèn dou loup lou mus e la perisse.
Qu'anaben toute neyt escarra cauque tos(...)
E sounque de-y pensa, lou péu que se l'arisse.
("Lou co de l'oustau ", H. e F., p. 76).
Les enfants aiment ces histoires parce
qu'elles leur font battre le coeur : Daugé
fait remarquer que, dans les conditions où ces
histoires sont racontées, la frontière s'estompe
entre le vrai et le faux pour celui qui conte comme
pour ceux qui écoutent :
Istoères
coum aco, dab un tchic de bourret
Qui hè passa p'ou cot castagnes de la cautes,
Soun toutes mey bertat las ues que las autes.
Selon lui, cette croyance naïve aux histoires se
retrouve, dans la réalité, dans une tendance à la
fabulation lorsqu'un marché est en train de se faire,
et on ne sait pas trop - comme dans les histoires - où
s'arrête la vérité et où commence le mensonge :
E
labets (…) coum boulets
Coan la daune se-n ba bene cuje ou caulets,
Coan l'omi croumpe ou bén chibaus e béus ou baques
La bertat cauque cop n'aji pas taralaques ?
E so de mensounjè tchic à tchic que se-n ba. (…)
En tout marcat que gn'ia tous tem un de panat :
Se n'ère pas aco, ne se-n haré pas nat.
Conter des histoires ne fait que stimuler l'ardeur au
travail :
En
dise la cause
Berdiuse - berdause
Chens perde la len,
Espourgan, la jen
Hèn au mey balen.
(" Esperouquère ", H. e F., p.5).
Il y a aussi les chants, repris en cœur.
Ces
chants peuvent être de vieux Noëls :
Au larè brasous oun touts, à l'aplec ,
Canten bielhs nadaus. (" Soula d'iber "
H. e F., p.90).
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