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Pas
de foyer gascon sans crémaillère
-Le foyer, ce sont aussi deux
objets indispensables à la vie de tous : la cremalhère
et le toupin. Pas de foyer gascon sans crémaillère :
"
(...) per Bourdèu coum per Bilhère
Que bouy ha dus pics au cremalh
Se saben ha coutet chens talh,
Boune maysoun chens cremalhère.
(" ha un pic au cremalh: faire une encoche à la
crémaillère, expression employée en présence d'un
fait extraordinaire, inattendu, étonnant. " - S.
Palay).
C'est vers la crémaillère que regarde le paysan au
retour d'une rude journée de travail:
E
coan la penible dalhère
Cope lous bras, plegue la haus,
Oubrès, à l'ore dou repaus,
Lou sé... qu'espin la cremalhère !
Daugé donne ses lettres de noblesse à la crémaillère
en rappelant que Henri de Navarre y faisait bouillir
la poule au pot :
"
(...) lou nouste Enric
Hasè bouri lou soun carric
Pindoulat à la cremalhère ! (" La cremalhère
", F. L., p.135).
La
crémaillère est inséparable du toupin, dont se
moque la pendule dans la fable : " La pendule e
lou toupin " ( F. G., p.84) qui oppose son élégance
à la noirceur de la marmite :
Negre
coum lechiu,
Hore dou hoec que hès pouchiu.
A quoi la marmite a beau jeu de répondre :
Tu,
bère qu'ès e jou negre que souy.
Mé jou que hèy besouy.
Jou que hèy bibe tout lou mounde
Ahumat per casse ou per pin.
Dans la morale de la fable, Daugé rapproche
implicitement la marmite du paysan.
Un animal familier du foyer et qui en est un autre
symbole est le grillon, lou grit.Daugé présente le
grillon comme l'ami de tous , qui, en retour, considèrent
sa présence comme le signe de la bénédiction de
Dieu sur le foyer :
De
touts au larè qu'é l'amic(...)
E touts que benasechen Diu
S'an lou gritoun darrè la plaque.
(" Lou grit ", H. e F., p. 91).
Dans la fable " lou peysan e lou grit " ( F.
G., p. 69 ), un grillon, se promenant sur un chenet,
est interrogé par un paysan qui lui demande pourquoi
il chante . Il énonce ainsi les raisons de son chant
:
Coan
dou campot(...)
Tout estarit tourne l'oubrè,
De canta n'a pas hami brigue
Labets qu'ou héy
Musique/ Coum sèy.
Que s'at merite.
Jou qu'èy lésé
E que-m a l'er d'ou ha plasé.
Lou meng canta que l'arrebite.
Cette raison de chanter, c'est l'amour, et, pour Daugé,
le grillon est un être capable de vivre d'amour : Qui
plan ayme de tchic que biu. ( Remarquons la belle
notation de Daugé :
E
lèu que sort dou soun apric
S'enten à bara la filouse.
- "Lou grit" ).
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