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° Rubrique Occitan Gascon Catalan > Le paysan de gascogne

 
J'aime le "parla gascoun"  
Joëlle Llapasset   | Copyright 

Le paysan de Gascogne dans la poésie de Césaire Daugé.
Une approche du pays gascon 

Traditions: la mise à mort du cochon ; la chasse à la palombe  

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Traditions:
-Une tradition de chaque foyer paysan en Gascogne est la mise à mort du cochon, le pèleporc ou pelère :

La maysoun, per praube qui sie,
Que deut abé lou soun néuris
(" Lou Pèleporc ", A. P., p. 93). 

Et Daugé de préciser le poids que doit avoir l'animal pour bien nourrir les membres d'une famille.
Le cochon tué, les préparations sont le travail des femmes et du boucher :

Douman la saucisse tegnère 
Que jumplera p'ou cabiroun,
E lous pourquets auran cugnère
Hens lou salin dab lou jamboun


Ainsi, chaque foyer se pourvoit d'une provision de nourriture pour l'année.

Autre tradition importante de la Gascogne, la chasse à la palombe, décrite avec précision dans " Semère " (A. P., p.114). S. Palay définit ainsi la semère : " planchette imitant l'épervier, que les chasseurs lancent pour faire s'abattre les palombes ". L'arrivée d'un vol est signalée par le cri : Apèu capsus ! La difficulté est de parvenir à faire se poser les palombes à portée de fusil, et le mieux est sur le sol. Daugé explique en détail comment les chasseurs, à l'espère dans la paloumère, ce castet de brane, s'y prennent pour attirer les palombes. Après chaque strophe du poème, le refrain précise l'époque de l'année où a lieu la chasse : les premières gelées vers la Saint Luc. 

La chasse à la palombe est aussi l'occasion d'améliorer l'ordinaire de la famille : E que-s sentira la coquèle de las qui hèssi damoura.
Bien d'autres traditions sont citées par Daugé, ainsi la course landaise, dont il écrit dans

" Machan tau "(Soucouc, p.72) : Las courses, dequet tems, pertout qu'èren aymades, et c'est l'occasion pour le poètes de faire des portraits hauts en couleur d'écarteurs tels lou Lafayéte, ou lou Paloumet, héros des aventures picaresques des 15 sonnets de : Lou Paloumet au cèu.
" Lou hemnot e la mort " (F. L., p.12) montre les pleureuses accompagnant les enterrements : 

Qu'é bielhe mode per la lane
De crida hort ent'ous enterramens.
Ne soun pas aunestes perdens
Se de plous, s'ou camin, n'an pas barejat u bane. 

" Estiu, arrepouès " (F. L., p.155) montre la cueillette rituelle de la menthe pour guérir la fièvre :
"Lou roundèu gascoun" ( F. L., p. 74) montre la danse en plein air, au soleil, au son de la bouhe et du biouloun.

L'ensemble de ces traditions dessine du foyer gascon le tableau d'un mode de vie où tous les biens sont en suffisance pour vivre, mais où l'argent est chose rare et utilisée dans des occasions déterminées : 

A la potche souben doublure en pèt dou diable
E ne j'entrèbe pas de tout l'an nade crouts,
Mes qu'abèn blat au grè, de bet boèus à l'estable.
Qu'abèn esclops e noun las boutines dab nouts.
("Mey d'esprit que de sos ",H. e F., p.121) 

Cette modestie, cette pauvreté même ont pour corollaire un esprit serein : 
En Gascougne, chens sos que droumiben tranquile
 
La vie du paysan gascon et de sa famille, telle que la décrit Daugé, s'appuyait sur un ensemble de traditions, transmises de génération en génération, et qui montraient un art de vivre fondé sur la permanence. 

Cet ensemble de comportements assurait au foyer une existence modeste mais heureuse. En outre, elle suscitait une façon de voir le monde qui reposait sur une exigence de vérité :

Atau qu'ère en Gascougne, ent'ou trabalhedou,
Ta plan s'ou bord dou Gabe ou de l'Adou
Coum per la lane ou la mountagne.
Touts que bibèn amasse urous hens lou tinèu, 
E que dechèben courre arrous, ben, plouje ou nèu
En prega Diu e chens se plagne.
(" Lou Larè ", A.P., p. 135 .)

Pourtant, à mesure que Daugé écrit, au commencement de ce 20ème siècle, le monde change, et se dessine une transformation progressive de cette civilisation paysanne, que Daugé voit clairement et dont son oeuvre se fait l'écho souvent critique

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