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° Rubrique Occitan Gascon Catalan > Le paysan de gascogne

 
J'aime le "parla gascoun"  
Joëlle Llapasset   | Copyright 

Le paysan de Gascogne dans la poésie de Césaire Daugé.
Une approche du pays gascon 

LES  CHANGEMENTS 

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Les moeurs et les innovations techniques
 
-Dans les recueils poétiques antérieurs à la Grande Guerre, Daugé dépeint un monde qui paraît immobile, achevé. Les changements qu'il relève et qu'il a beau jeu de railler affectent la ville mais n'atteignent pas encore le monde harmonieux de la terre. Néanmoins, c'est au cours de cette guerre que Daugé écrit quelques poèmes qui se font l'écho d'un bouleversement de fond qui commence à concerner le travail de la terre et la mentalité paysanne elle-même, en accord avec une transformation d'ensemble de la société. On devine alors chez lui une inquiétude en face d'un monde en train de perdre ses repères. Pourtant, le poète contre-attaque, décrivant les méfaits de la ville, dénonçant la médiocrité de l'état d'esprit nouveau dont il montre l'étroitesse. Son analyse fait ressortir l'absurdité du point de vue matérialiste. Enfin, s'il nuance sa critique du progrès technique, il réaffirme sa confiance dans certaines valeurs dont la société paysanne ne peut se passer.

En janvier 1917 , dans " Oey " ( H. e F., p.21), Césaire Daugé écrit : Jou que-m èy bis bira l'arrode. Les transformations dont il fait état dans ce poème concernent les mentalités, les moeurs et les innovations techniques. Il cite le gaz, le pétrole, l'électricité et les nouveaux moyens de locomotion, l'auto et le chemin de fer. En ce qui concerne l'agriculture, il relève l'importance prise par la chimie : 

A pous de soufre e de surfate
Lou bignè que-s croumpe lou bin


Cette dénonciation de la chimie se retrouve dans "So que pense lou blat" ( H.. e F., p.94) où Daugé imagine le discours du blé, enseveli sous la gelée hivernale, qui voit son destin à venir et qui oppose les méthodes traditionnelles où l'homme se conduit en ami à son égard aux méthodes nouvelles et aux techniques qui le traitent comme un ennemi. La chimie est comparée par le blé à un supplice qui manque de le tuer : 

Oey que cau tout que si basut
A pous de chimie e de drogue(...)
Que ba dab la drogue se plau,
Senou, que souy dens u estube.
Lou sequè que-m boute malau,
E se durabe trop, que-m tube.


Le blé redoute aussi les outils mécaniques qui le moissonnent, le battent et le violentent, prenant la place de la faulx, du fléau et de la pelle.
Daugé qui écrit ce poème en 1924 incrimine, comme raisons de ce recours aux techniques nouvelles, l'obsession de la vitesse et l'attrait de l'argent : 

(...) jamé prou lèu ne-n soun hores
Coum se la luts per plane e tucs,
N'abè pas mey binte coate ores.
Que hèn au mey biste qui hè
Touts oey, lou praube coum lou riche.


En même temps que ce bouleversement des techniques et des manières de faire, Daugé constate et dénonce un changement général de mentalité, et cet esprit nouveau affecte aussi le paysan. Daugé remarque que les jeunes revenus du service militaire dédaignent le travail de la terre : 

La terre que s'ous hè trop bache.
Tira hems ? E per qui-m prens ? (" Oey "), 
E trabalha lou cam ? L'omi que-s heré lourd !
(" A Isidore Salles ", H. e F., p.121). 

Ils se laissent attirer par le mirage de la grande ville : 

Decap Bourdèu, Paris, touts que gahen l'abiade
E que dèchen lou cam debira-s estoura
(" Mey d'esprit que de sos "). 

La raison de cette désaffection du travail de la terre est, selon Daugé, le mépris du travail et l'attrait de l'argent : 

Gagna sos, gagna hort, aco la grane coente(...)
Trabalha juste brigue e minja bère arrente
Aco lou gran aha : jamé ne gagnen prou. (" Mey d'esprit que de sos ").
Jou, lou trabalh, so que-m pot tagne ?
La pague ! Aco lou men aha ! (" Oey ")
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