Philagora Espace Decouverte

PHILAGORA Decouvertes, tourisme culturel, loisirs, enfants

° TOURISME Vacances, mer, soleil, montagne, campagne

° ART - Expositions, Musées, Artistes

° Contes pour enfants

° Espace Jean Joubert Écrivain et poète, prix Renaudot

° A la découverte des langues régionales: Occitan Gascon Catalan

° Je cherche un EMPLOI

° Découvrez les 17 villages de l'Archipel des métiers d'art en Languedoc-Roussillon

_________________________________

° Art de vivre et gastronomie

° ABOUT the World articles en anglais

_________________________________

° Recommandez philagora à vos amis

° Philagora tous droits réservés

° Respect de la vie privée

_________________________________

° Contact

° Publicité

 

° Rubrique Occitan Gascon Catalan > Le paysan de gascogne

 
J'aime le "parla gascoun"  
Joëlle Llapasset   | Copyright 

Le paysan de Gascogne dans la poésie de Césaire Daugé.
Une approche du pays gascon 

Le mirage de la ville

Site Philagora, tous droits réservés ©
_________________________________

Le mirage de la ville
 
-Daugé, à son tour, dénonce le mirage de la ville où les apparences trompent, et il montre ce qu'il en est vraiment :

La bile qu'ous enlue, 
Que cresen de-y gaha la lue
(" Debat un poun ! ", Soucouc p. 96).

La grande ville voit s'imposer le règne de l'argent, comme le confie au poète le chevrier rencontré en montagne et qui conduit chaque hiver son troupeau jusqu'à Bordeaux : 

Moussu, m'at pensi, l'or gourrilhe
Coum l'aygue assi decap l'Adou.
Enta Bourdèu qu'ou cau mousilhe
Au qui bo marida sa hilhe
(...) (" Lou crabè ", F. L ., p.83). 

Daugé explique que la circulation de l'argent devenu papier-monnaie entraîne un appauvrissement général par le mécanisme de l'inflation :

Tabé tout qu'encarech e la liure demingue. 
Mey hèn courre papè, mey praube qu'an la jen
(" Mey d'esprit que de sos ". 

Aussi à la ville la misère se voit-elle partout, souvent, le travail manque : 
Le pauvre y est réduit à dormir dehors : 

Mes à la bile oun lou ret trauque,(...)
Lou praube a lheyt debat un poun
. (" Debat un poun ", Soucouc , p.96).

Un autre fléau qui guette le citadin est la dégradation de sa santé, en effet le citadin moderne est un être maladif; les conditions de vie et de travail sédentaires sont néfastes à la santé : 

E lou sou dou boun Diu ne balhe pas santat
Au qui damoure atau tout lou jour entutat


Souvent, l'appétit manque; Pour l'ouvrier, quand la maladie s'installe, c'est l'hôpital et la misère :

Tau qui ba plan, qu'a bère pelhe e bet oustau
E talèu malausas qu'a reyte e l'espitau.


Daugé ironise aussi sur la coquetterie des femmes de la ville: 

o que-s gagne moussu, cau que sie emplegat
A plan besti madame e lou sou neurigat
(...)

La fable " Lous tres paysans " ( F. G., p.71), présente trois paysans bien installés. Mais un jour, le travail se mit à leur peser. Ecoutant le discours de l'un d'eux qui vante la vie heureuse de ceux qui ont de l'argent placé, ils vendent leur bien, vivent de leur rente, coum moussus de la bile. Un jour, les banques font faillite, ils doivent se placer chez les autres. Daugé donne la leçon suivante :

La brabe terre, amics, ne la cau pas decha.
Que-n coste, qu'at sabem, de l'esquicha.
Mé, boune may, que balhe
En abounde de tout à l'omi qui trabalhe.


Deux autres fables présentent la situation inverse du paysan qui ne s'en laisse pas compter par les mirages du monde moderne et s'en font les critiques amusés. Dans " L'auto " ( F. G., p.38), un parisien qui circule en auto se gausse d'un laitier qui fait depuis Duhort la tournée en carriole tirée par un âne. Et de vanter cette invention des savants, l'automobile, symbole de la modernité triomphante. Mais le laitier lui rétorque :

(...) se hèts bère l'eslurrade
Coum hèts bère l'esdeburade,
De cause ta plan embentade
E-n saberats grat aus sabents ?

° Rubrique Occitan Gascon Catalan > Le paysan de gascogne