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Le
paysan gascon est un homme de religion et de foi
-Le paysan gascon est un homme
de religion et de foi. Il accomplit une oeuvre séculaire
qui fait de lui comme un écho terrestre du Dieu créateur.
Sa foi vivante se manifeste par la prière et un
attachement aux symboles et aux rites de la religion
chrétienne, plus précisément catholique. Daugé
considère le paysan comme un élu de Dieu qui a créé
la terre à la mesure de l’homme afin qu’il y
accomplisse sa destinée terrestre, prélude à un
destin immortel. Enfin, Daugé lit dans la nature les
preuves tangibles de l’existence de Dieu.
Il existe une relation privilégiée entre le paysan
et Dieu, Daugé la met dans un des premiers poèmes
qu’il consacre au paysan de Gascogne, « Lou lheba
dou labouredou » publié en 1901 dans Flous de Lane.
Le laboureur commence la journée de travail par une
prière à Dieu. Daugé souligne que l’amour, à la
fois l’amour de Dieu et l’amour de la Création,
caractérise le paysan et de cet amour il est rempli
depuis l’enfance. Le paysan est, à l’image de
Dieu, un être d’amour.
E
toustem plen de quet amou
Qui-t agradabe estan maynadje
Prumè de hica-t à l’aubradje
Tè, prègue Diu, toun Creadou.
Dans ce poème, et en particulier dans la prière
adressée à Dieu par le laboureur se trouvent les thèmes
caractérisant le rapport du paysan avec Dieu. Dans sa
prière, le laboureur met en évidence que Dieu a créé
le monde à la dimension de l’homme.
Ensuite le laboureur se rappelle les paroles que lui a
dites le grand-père - Lou pay-gran - quand il était
petit: tout ce qui arrive sur terre est l’œuvre de
Dieu :
Coan sus la terre
J’a pats ou guerre,
Bèt ou tounerre,
Aco qu’é l’obre dou boun Diu.
En particulier, c’est Dieu qui fait pousser ce que
cultive le paysan:
C’est une idée importante, car elle montre que le
paysan et Dieu collabore, inséparablement, à la même
œuvre. Dieu, faisant pousser le blé pour l’homme,
continue ainsi la Création, et il associe dans cet
acte créateur le paysan qui sème. L’idée du
paysan créateur de vie et, par conséquent, père
nourricier des hommes se retrouve dans ce tercet du
sonnet « Au peysan » ( H. e F., p.95) :
Qu’ès
lou pay neurissè dou riche coum dou praube.
Debat l’array dou sou, qui sort lusen de l’aube,
Jète bite à pugnats en jeta blat au souc.
Ce pouvoir détenu par le paysan le fait comparer par
le poète à un seigneur : Tu, qu’as enta castet lou
cèu dinc’à soucouc. (On se rappelle que dans «
Peysan » il était appelé: Rey dou cam e dou
prat).
Revenons à « Lou lheba dou labouradou » : le
laboureur continue sa prière en reconnaissant la
toute puissance de Dieu :
Per la boste man pietadouse . Tout biu (…), et il
l’achève en se remettant avec confiance entre les
mains de Dieu.
La prière du laboureur apparaît alors comme une prière
d’action de grâce, qui lui apporte la joie :
Que prègues Diu, e qu’ès counten.. La journée du
paysan s’achève comme elle a commencé, par la prière,
faite cette fois en famille ; cette prière renforce
la détermination et le courage au travail du paysan.
Le paysan peut encore accomplir des gestes de piété
au cours de son labeur, tel le signe de la croix avant
de semer. Daugé explique que le laboureur prie pour
confier à Dieu le sort incertain du blé.
Si
le paysan remercie Dieu de ses bienfaits, il le prie
aussi pour éloigner la menace du danger. Dans « Lou
péricle » (F. L., p.106), ce sont les enfants du
bouvier qui prient près du cierge béni allumé pour
éloigner l’orage d’été qui couche blés et maïs.
La prière place les cultures sous la protection de
Dieu. Dans « Adiu la brasouse escalhe ! » (Soucouc,
p.17), le poète confie à la sauvegarde de Dieu le
champ de blé. Un proverbe demande de prier Dieu, en
été, pour protéger le blé des orages :
Cabbat
l’estiu
Pregam à Diu
Que las tounides
Countr au roumen
Lhèbin pas ben
Ne grans brounides
(« Estiu, arrepouès », F. L., p.157).
Dans « Lou crum »( H. e F., p.77), le poète
interroge le nuage qui apporte tantôt la pluie
bienfaisante, plouje gayhasente, tantôt l’orage,
tounide ; et le nuage répond :
Qu’é
Diu qui-m coumande.
Coum dit lou qui mande
Ceci est une critique de la volonté de l’homme
moderne de se rendre maître de toutes choses et,
d’abord, de ce qu’il ya de plus insaisissable, la
Nature. L’homme ne ferait jamais comme il faudrait,
dit le poète par la voix du nuage, mieux vaut s’en
remettre à Dieu.
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Lou Meste que-s megne
E qu’es ét qui plegne
La houn.
Se bos bounes pauses,
Cau prene las causes
Coum soun.
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