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Le Musée Fabre de Montpellier

Sainte Agathe de Zurbaran

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 Cliché Frédéric Jaulmes. © Tous droits réservés.
Publié avec l'aimable autorisation de monsieur Michel Hilaire conservateur en chef du Patrimoine, directeur du Musée Fabre et de monsieur Sylvain Amic conservateur adjoint- Musée Fabre de Montpellier. 

Que le jeune Paul Valéry ait été saisi, au Musée Fabre de Montpellier par ce tableau, un poème en prose de 1791 en témoigne.
Le lecteur de Jean de La Croix, l'amoureux du siècle d'or espagnol, se mire, se voit comme présence à soi et absence, avec l'illusion que donne le coup de foudre qui croit à l'instant où le palpable épouserait l'impalpable.

C'est donc un paradigme que le livre de Serge Bourjea file avec maîtrise: à la fois modèle, structure qui éclaire l'ensemble de l'œuvre et donne donc un nouveau chemin avec lequel la progression de l'étude est assurée -mais aussi l'institution d'un déchirement qui substitue à un ordre ancien, à une chère vision pour certains, un autre regard sur Valéry, plus simple et plus éclairant.
Comme un coup de sonde rejoint l'universalité d'une nappe phréatique, ce livre retrouve les problèmes contemporains, l'hésitation entre le corps et la chair, l'énigme du visible et de l'invisible auquel les penseurs du XXème siècle se sont affrontés.

C'est dire l'intérêt de cette oeuvre, dans laquelle le raisonnement vigilant ne quitte jamais les textes et nourrit une pensée personnelle aux sources des grandes disciplines contemporaines.

Voilà qui aidera à revenir, à réfléchir sur la pertinence du trait lancé par Francis Ponge contre Paul Valéry: "A brandir Mallarmé le premier qui se brise est un disciple soufflé de verre". (Le parti pris des choses. Page 137. Gallimard). 
Le travail de monsieur Bourjea est d'abord une oeuvre de justice.

Joseph Llapasset.

  • Sainte Alexandrine Sainte Agathe

    Quel sommeil n'accorde à nos ténèbres intimes de telles apparitions?
    Une rose ! c'est la première lueur parue sur l'ombre adorable.
    Elle se figure doucement en cette martyre silencieuse, penchée.
    Puis un vif manteau fuit par derrière - l'étoffe baigne dans
    l'obscurité pour laisser très beau le geste idéal 
    Car, issues des folles manches citrines, les mains pieuses
    conservent le plat d'argent où palissent les seins coupés par le
    bourreau - les seins inutiles qui se fanent.
    Et regarde la courbe de ce corps que les robes allongent, des
    minces cheveux noirs à la pointe délicieuse du pied, il désigne
    mollement l'absence de tous fruits à la poitrine.
    Mais la joie du supplice est dans ce commencement de la
    pureté : perdre les plus dangereux ornements de l'incarnation, -
    les seins, les doux seins, faits à l'image de la terre.

    Paul Valéry
    (1891. Sur quelques peintures. Π2-1289)

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Réalisation Joëlle Llapasset ©

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