Philagora Espace Decouverte

PHILAGORA Decouvertes, tourisme culturel, loisirs, enfants

° TOURISME Vacances, mer, soleil, montagne, campagne

° ART - Expositions, Musées, Artistes

° Contes pour enfants

° Espace Jean Joubert Écrivain et poète, prix Renaudot

° A la découverte des langues régionales: Occitan Gascon Catalan

° Je cherche un EMPLOI

° Découvrez les 17 villages de l'Archipel des métiers d'art en Languedoc-Roussillon

_________________________________

° Art de vivre et gastronomie

° ABOUT the World articles en anglais

_________________________________

° Recommandez philagora à vos amis

° Philagora tous droits réservés

° Respect de la vie privée

_________________________________

° Contact

° Publicité

 

> J'aime L'art - Expositions Musées Artistes > Musée Fabre de Montpellier

Le Musée Fabre de Montpellier

Gustave COURBET 

"Portrait de Baudelaire". (1848)

Au Musée Fabre de Montpellier 
(39, Bd Bonne Nouvelle)

Site Philagora, tous droits réservés
_________________________________

Parce qu'elle ne demande rien, au contraire de la camaraderie, l'amitié obtient tout en accédant directement à la spiritualité d'une âme et ici à sa conscience esthétique.

C'est bien une image, la forme sensible d'un "objet" que nous donne ce tableau: nous voyons Baudelaire, jeune homme de 26 ans, nous l'atteignons par notre vue, par notre sensibilité.
Mais, à la différence d'une simple représentation sensible sur laquelle nous glissons, que nous quittons pour une autre, ici notre regard s'arrête sur l'image de Baudelaire et la contemple. Cette image relève de l'art, loin de se réduire à une pauvre information, elle se met à rayonner, à susciter
notre imagination: c'est comme si les formes et les couleurs, la précision des lignes, prenaient pour ainsi dire l'initiative.

Courbet exerce ainsi, devant nous le pouvoir de résurrection propre à l'art, qui non seulement fait vivre l'image, mais encore fait du sensible un miroir qui reflète l'intériorité de Baudelaire. Ainsi Gustave Courbet semble ressusciter un paradis perdu où toute profondeur serait accessible, où l'image permettrait d'accéder directement à l'intelligible comme le signifiant permet d'accéder au signifié.

Dès lors, l'image formée techniquement et la spiritualité ne font qu'un. Si cela est vrai, nous allons donc accéder, dans une fête de la chair et de l'esprit à ce jeune homme, par une image sensible. Nous y sommes déjà, dans son intériorité, par le miracle de cette toile qui se nourrit d'une rencontre inouïe entre la forme et la signification.

Voici "le poète maudit", au travail, tendu, prêtant une attention extrême à l'entreprise poétique que son engagement l'appelle à conduire: il s'agit, en naviguant sur une cruelle dualité, entre l'obscurité du gouffre, le Spleen, et la lumière de l'azur, l'idéal qui illumine son front un instant, d'obéir à ce qu'il sent être sa vocation. Utiliser les virtualités du langage pour, par les images, les formes, les couleurs et les odeurs, faire apparaître la profondeur du visible.

Courbet sait bien ce que Baudelaire, qui a commencé à écrire trois ans plus tôt, poursuit. Il nous le représente tel qu'en lui même grâce à cette image formée techniquement qui nous introduit directement dans la chair et dans l'esprit du poète.

Le peintre et le poète se rejoignent donc ici dans le même projet, cet amour désintéressé et absolu de l'art selon l'émotion et l'ordonnancement bien unis. Nous éprouvons la satisfaction de rêver librement dans des fêtes du cerveau, ces noces du sensible et de l'intelligible qui, à notre grande satisfaction, ne se déchirent plus. C'est un paradis perdu qui est ressuscité!

Les relations entre Baudelaire et Courbet, par la suite, ont été tumultueuses. Lorsque Baudelaire accuse Courbet d'être "un massacreur de facultés", il lui reproche de peindre des petits bourgeois à l'intériorité étroite. Courbet aurait pu répondre qu'il n'avait rencontré qu'un Baudelaire et que, pour le reste, il voyait mal des raisons de faire se refléter autre chose qu'un certain prosaïsme.

Pour chanter les transports de l'esprit et des sens, encore faut-il qu'il y ait de l'esprit.

Joseph Llapasset

Cliché © Tous droits réservés, publiés avec l'aimable autorisation de monsieur Sylvain Amic conservateur art moderne et contemporain au Musée Fabre de Montpellier Agglomération.

> Vers La rencontre, ou "Bonjour monsieur Courbet" par Gustave Courbet 1854

Suivre les pages : Les fleurs du mal, un nouveau rapport de foi au langage

____________________________________

Réalisation Joëlle Llapasset ©

> J'aime L'art - Expositions Musées Artistes > Musée Fabre de Montpellier

Pages Philagora http://www.philagora.fr/ et http://www.philagora.org/