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Rubrique ART > Musée
Fabre de Montpellier
Musée Fabre de Montpellier Agglomération
39 boulevard Bonne Nouvelle – 34200 Montpellier - Tel
: 33(0)4 67 14 83 00
José
de Ribera
Sainte
Marie L'égyptienne
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Jusepe
de Ribera,. Sainte Marie l’Egyptienne, 1641. Huile sur toile,
132x108 cm
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Au
contraire de la Renaissance, qui avait tout centré sur l'homme
au point de faire du corps humain le lieu glorieux d'une
projection vers l'univers, hymne à l'harmonie universelle et au
triomphe de l'ordre, le Baroque s'adresse aux sentiments,
lyriques et pathétiques, pour libérer l'imagination, seule
capable de sonder les mystères. Il ne s'agit plus d'un corps
glorifié mais d'un corps déchiré par le conflit de l'eau et
du feu, de l'infini et du fini.
Le
Baroque juxtapose donc les contraires: l'infini défie le fini,
la mesure se dissout dans la démesure, le corps jeune se
défait: on ne s'étonnera pas de se trouver devant des lignes
brisées, des courbes, des nœuds qui figurent, chacun à leur
manière, la lutte de l'immanence qui est en soi et de la
transcendance qui s'élance sans cesse vers le divin.
Entre
la chair et l'esprit le combat est sans merci, c'est l'un ou
l'autre qui l'emporte. Ce qui frappe l'amateur, à un détour du
Musée Fabre de Montpellier, c'est le regard de l'égyptienne:
la fermeté, la certitude, la plénitude de qui n'a besoin de
rien que de son Dieu.
Celui
qui contemple est amené à s'interroger sur lui même par ce
regard de foi qui ne s'interroge pas sur lui même. Ce qui est
démesure pour les hommes, ce qui est folie devient par le
génie de Ribera et de la mystique ce qui mesure l'homme,
l'étincelle de son âme. Ainsi la dissolution née d'un grand
conflit entre la chair et l'âme devient saisissante devant une
telle exubérance. Quel est l'ascète qui n'a pas eu sa
tentation!
On
en dirait autant de l'arrière plan et du clair obscur: une
muraille et une trouée. là parce qu'il s'agit du monde et non
plus du moi, Ribera se contente de rendre sensible une brisure.
Cette exubérance qui défie l'ordre nous la trouvons aussi dans
le corps de Marie l'égyptienne: la sensualité et l'effet de
l'ascèse coexistent malgré le "décharnement". Le
sein juxtapose le déchirement à l'ancienne et toujours
présente grâce séductrice, comme si dans le Baroque ce qui
est nié était toujours conservé.
Ribera
n'a-t-il pas voulu faire éclater à nos yeux le paradoxe de
l'ascétisme: l'âme grandit et le corps se dégrade à chaque
étape de l'ascension. Ce corps qui était la mesure de
l'univers à la Renaissance devient la mesure d'une progression
spirituelle, marche vers la mort et sa décomposition, figurée
par le crane.
Pour
le Baroque, Dieu écrit en lettres courbes.
Joseph
Llapasset
Page
Joëlle
Llapasset ©
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Cliché
©
Tous droits réservés, publiés avec l'aimable autorisation de monsieur Sylvain Amic
conservateur
art moderne et contemporain au
Musée Fabre de Montpellier
Agglomération.
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