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Lithographie
, 1885.
Au
réveil j'aperçus la déesse de l'intelligible.
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Cette
exposition se propose de mettre en valeur la collection des
oeuvres graphiques d’Odilon Redon.
Au Musée des Beaux-Arts, elle n’est pas des
moindres.
Certaines institutions bordelaises possèdent aussi des
oeuvres du Maître représentées par ailleurs dans
quelques collections particulières de la Ville.
Les productions graphiques fragiles par définition, ne
s’exposent que rarement.
Nous verrons donc la part secrète d’une oeuvre où
prédominent l’allusif, l’obscur. Si les dessins n’ont
pas été acquis du vivant de l’artiste, il n’en est pas
moins vrai que Bordeaux et sa région ont tenu chez lui une
place particulière. Témoigner du milieu artistique et des
rencontres fondamentales que fit Redon dans sa ville natale
fut l’un des objectifs de la recherche.
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En
effet, bien avant son départ pour Paris, Redon a rencontré des
personnalités qui lui proposeront un enseignement, des réflexions,
des exemples, tout un matériel intellectuel mais aussi artistique,
des découvertes qui le conforteront dans sa recherche, qui
l’encourageront à advenir à lui-même.
Parmi
eux, figure le peintre aquarelliste Stanislas Gorin, son premier
maître, mais aussi le botaniste Armand Clavaud, initiateur au monde
végétal, au monde d’un vivant « indéterminé » qui fascinera
l’artiste. Il sera celui qui l’engagera à des lectures
nourrissantes pour l’esprit, celui qui lui fera découvrir le
monde fabuleux de l’Hindouisme. Le graveur Rodolphe Bresdin
permettra d’évoquer celui auprès de qui Redon découvrit la
gravure et la lithographie dont il fit un usage si
personnel. L’ami de la maturité, le collectionneur Gabriel
Frizeau dont l’âme et le goût s’accordaient si bien à ceux du
peintre demeure la figure tutélaire de cette exposition.
Accompagnant
l’oeuvre noire, les pastels illustreront le passage vers la
couleur. Cette métamorphose qui fut une illumination, dévoile la
part solaire de celui qui disait : « Qu’ai-je mis en mes ouvrages
pour leur suggérer tant de subtilités ? J’y ai mis une petite
porte ouverte sur le mystère. »