Exposition en accès
libre pour le public du 13 octobre - 20 novembre 2006,
salle des essais
Paul
Fréour, Les passants de
Bordeaux
Site Philagora, tous
droits réservés
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Le
Punk, 1997, encre noire, crayon Conté, peinture à l’huile
diluée sur papier.
Musée des beaux-arts de Bordeaux.
Photo Lysiane Gauthier. © MBA Bordeaux
Paul
Fréour,
de la beauté des passants.
"Les
« dessins » de Paul
Fréour ne se rattachent à
aucun modèle et son travail semble échapper à toute
classification précise. Ces visages prestement ébauchés ne se
lisent pas comme de simples études. Ils forment une galerie de
portraits anonymes, sans réelle ordonnance, sans mobile apparent,
une suite linéaire sans unité de mesure particulière. Cette
galerie contemporaine ne s’apparente pas directement à la
tradition des portraits de caractère voués à l’illustration des
ouvrages de physiognomonie. Elle n’appartient pas non plus à
l’héritage classique du théâtre imagé des passions. En dépit
de la qualité de l’auteur, la démarche apparaît exempte de
finalité scientifique. L’enquête graphique procède davantage de
la technique du reportage. Elle débute sous la forme de croquis à
main levée, que l’artiste accumule comme l’écrivain note les
idées qui lui viennent spontanément, relève les répliques
qu’il surprend et abrège, dans ses carnets, les images qu’il
perçoit du monde extérieur. Dépourvus d’ambition taxinomique,
de valeur anthropologique immédiate, dénués d’achèvement
formel, les Passants dévoilent, avec la grande richesse de
leur matière artistique, les aspirations humanistes de Paul Fréour.
...
... Commencée au
tournant du troisième millénaire, la série des Passants égrène
l’humble spectacle des existences déracinées ou laissées en
suspens. Elle rend compte, sans doute, de la grande confusion
des cultures, de l’éclatement des communautés et des failles de
notre société, mais elle fait aussi la part de la richesse des
individus, prend la mesure de la dignité humaine au milieu
des petites et des grandes solitudes urbaines. A l’exemple
de Rembrandt et de ses émules, Paul Fréour n’exclut pas
l’enfance, la vieillesse, la disgrâce ou même la pauvreté de
son propre inventaire de la Beauté. Il s’érige ainsi contre les
séductions de la mode ou les dérives de l’érudition esthétique
et s’affranchit aussi du poids des préjugés. Par sa franchise,
sa liberté de facture, sa brillante qualité technique, cet œuvre
de la grande maturité affiche bien la modernité artistique et
l’inépuisable jeunesse intellectuelle de son auteur.
"
Olivier Le Bihan
Paul Fréour
poursuit aujourd’hui ses activités artistiques et s’adonne à
ses autres passions qui sont la lecture et l’écriture Il est
l’auteur d’une quarantaine d’œuvres littéraires pour
lesquelles il est devenu éditeur depuis 1992 (éditions La Licelière)